Depuis juillet 2026, Xenia Fedorova est visée par un arrêté ministériel d’expulsion et incarne une guerre plus discrète : celle menée contre les ingérences étrangères. Après avoir dirigé un média pro-Kremlin, la chroniqueuse était apparue sur les ondes de la télévision française, avant que l’État ne lui barre la route.
Un arrêté d’expulsion contre Xenia Fedorova
Le mercredi 29 juillet 2026, la préfecture de police de Paris a transmis à l’avocat de Xenia Fedorova un arrêté ministériel d’expulsion. Le ministre de l’Intérieur peut prendre cette décision administrative à l’encontre d’un ressortissant étranger résidant en France pour un motif d’ordre public. Elle va au-delà d’une « simple » obligation de quitter le territoire, qui peut notamment être prononcée en l’absence de titre de séjour.
Que reproche le gouvernement à Xenia Fedorova pour considérer qu’elle représente une menace grave pour l’ordre public ? Pour le comprendre, il faut revenir sur l’évolution du paysage audiovisuel ces dernières années. Ancienne présidente et directrice de la rédaction de RT France, déclinaison française de la chaîne publique russe Russia Today, elle a dirigé le média jusqu’à sa suspension et sa fermeture dans l’ensemble de l’Union européenne en 2022, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État
Au lieu de partir de France, la journaliste a continué sa carrière dans les médias du groupe Bolloré, à l’antenne comme dans la presse écrite. Chroniqueuse pour CNews et Europe 1, elle réalisait également des piges pour l’hebdomadaire Le JDNews. Cette visibilité a suscité les critiques de ses détracteurs, avant que l’arrêté d’expulsion ne resserre l’étau autour d’elle. Le texte qualifie sa présence et ses activités sur le territoire national de « menace particulièrement grave et actuelle pour l’ordre public », évoquant aussi une atteinte aux « intérêts fondamentaux de l’Etat ».
Des éléments de l’arrêté publiés dans la presse ont apporté davantage de précisions sur les raisons de cette décision. Les autorités accusent la chroniqueuse de relayer activement des campagnes de désinformation orchestrées par Moscou, destinées à déstabiliser l’opinion publique française et notamment à ébranler la confiance des citoyens dans les institutions européennes. Des motifs comparables ont conduit l’Allemagne à lui interdire le séjour. En France, les ministères de l’Économie et de l’Intérieur avaient déjà décidé de geler ses avoirs pendant six mois.
« J’étais en vacances, loin de Paris » : Xenia Fedorova réagit
Les avocats de la journaliste russe de 45 ans ont engagé un recours pour empêcher son expulsion. Dans l’intervalle, selon un message publié sur X, Xenia Fedorova se trouverait à l’étranger et ne rentrerait en France que si l’arrêté d’expulsion était suspendu. La justice française a déjà rejeté son recours. « J’étais déjà en vacances, loin de Paris, lorsque j’ai appris avec stupeur le contenu de l’arrêté » d’expulsion, écrivait-elle.
Les réactions à l’arrêté visant Xenia Fedorova
Dans un entretien accordé à La Provence, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a déclaré : « ce qui est en cause, c’est que Mme Fedorova est une citoyenne russe qui est venue en France comme agente d’influence pour relayer la propagande russe, avec les méthodes du Kremlin, et perturber ainsi le débat public et démocratique ». De leur côté, les groupes Canal+ et Lagardère ont dénoncé dans un communiqué commun « une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions ».






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