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Le Projet ADN Léonard de Vinci pourrait avoir trouvé son ADN

Un scientifique en blouse blanche dessine un portrait ancien au crayon sur une grande feuille sur une table.
Dans cet article
  1. Une méthode pour récupérer l’ADN d’objets historiques
  2. Des marqueurs du chromosome Y associés à Léonard de Vinci
  3. La quête du lieu de sépulture et du génome de Léonard

Des scientifiques du Projet ADN Léonard de Vinci, une initiative particulièrement ambitieuse, estiment avoir შესაძლოა mis la main sur un échantillon d’ADN qui pourrait appartenir au célèbre artiste et inventeur.

Leurs résultats sont détaillés dans une prépublication. Des analyses supplémentaires seront toutefois indispensables pour établir si ces données génétiques proviennent réellement de Léonard de Vinci, plus de 500 ans après sa mort.

Selon l’équipe, l’article apporte « des indices, pas des conclusions », mais il montre qu’il pourrait être possible d’extraire des éléments biologiques exploitables à partir d’œuvres historiques précieuses et fragiles.

Une méthode pour récupérer l’ADN d’objets historiques

La méthode novatrice mise au point par les chercheurs permet de recueillir l’ADN d’humains, de plantes, de bactéries, de champignons, d’animaux, de virus et de parasites, aussi bien dans les sceaux de cire de lettres anciennes que dans le papier, dont la structure est absorbante.

« En pratique, des objets autrefois considérés comme biologiquement silencieux se sont révélés agir comme des empreintes vivantes de leurs environnements », indique un communiqué du Projet ADN Léonard de Vinci.

Dans cette nouvelle étude en prépublication, les scientifiques décrivent avoir délicatement écouvillonné un dessin présumé de Léonard de Vinci réalisé à la craie, intitulé L’Enfant sacré.

Grâce aux progrès du séquençage de nouvelle génération, ils ont ensuite réussi à isoler des informations biologiques, notamment des traces d’orangers cultivés dans les jardins Médicis en Toscane, ainsi que de l’ADN humain de faible qualité.

L’origine de cet ADN demeure inconnue. Il pourrait appartenir à l’artiste de la Renaissance lui-même, mais aussi à des personnes ayant manipulé le dessin après lui.

Des marqueurs du chromosome Y associés à Léonard de Vinci

Un élément apparaît néanmoins clairement : une partie de l’ADN comportait des marqueurs du chromosome Y, ce qui indique que les informations génétiques provenaient d’un homme. Cet individu semble avoir appartenu à un clade fréquent dans la région méditerranéenne, en particulier dans le centre et le sud de l’Italie. La Toscane, région d’origine de Léonard, en fait partie.

En écouvillonnant d’autres objets liés à Léonard de Vinci, notamment une lettre vieille de 500 ans écrite par un membre de sa famille, les chercheurs ont identifié « un signal chromosomique Y partagé ». Ce même signal n’a pas été observé dans des peintures d’autres grands maîtres européens de cette époque.

Ces observations suggèrent l’existence d’une lignée commune parmi les objets associés à Léonard de Vinci, une piste qui mérite des recherches plus poussées. L’équipe souhaite désormais prélever des échantillons sur d’autres œuvres et objets dont on sait qu’ils ont appartenu à Léonard de Vinci afin de les comparer.

Les résultats devront ensuite être confrontés à ceux de descendants vivants confirmés de l’artiste de la Renaissance.

L’objectif final du Projet ADN Léonard de Vinci consiste à confirmer le lieu de repos définitif de Léonard et à reconstituer son génome vieux de plusieurs siècles.

D’après Jesse Ausubel, président du projet et membre de l’Université Rockefeller, « même si les correspondances ADN confirmées avec Léonard restent à venir, le succès est désormais inévitable, dans le sens où un seuil a été franchi ».

Depuis près de 10 ans, les chercheurs du projet s’efforcent de retracer la lignée sanguine de Léonard de Vinci dans les générations antérieures et postérieures. Ils ont récemment identifié une poignée de descendants vivants ainsi qu’une lignée familiale remontant jusqu’à 1331.

La quête du lieu de sépulture et du génome de Léonard

Les restes de Léonard de Vinci seraient enterrés dans une petite chapelle de la vallée de la Loire, en France, mais tous les historiens ne sont pas convaincus qu’il s’agisse de son dernier lieu de repos. Les chercheurs fouillent actuellement une tombe familiale des da Vinci en Italie afin d’obtenir des informations génétiques sur ses proches.

Le biologiste de l’évolution S. Blair Hedges, qui n’a pas participé à l’étude, a déclaré au journaliste Richard Stone du magazine Science que le Projet ADN Léonard de Vinci s’attaque à « l’une des cibles les plus difficiles qui soient » dans la recherche sur l’ADN ancien, tout en soulignant que les démarches des chercheurs sont impressionnantes.

« Le projet a établi un solide “échafaudage”, un cadre de référence permettant de détecter des “signatures” sur des œuvres d’art ou des documents anciens grâce à l’ADN ou aux microbiomes », affirme Ausubel.

« Les connaissances et les techniques marquantes mises au point par le projet peuvent, et seront assurément, appliquées pour mieux comprendre d’autres grandes figures historiques. »

La prépublication est disponible sur bioRxiv.

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Élodie Marceau

Historienne de l’art et commissaire d’exposition, Élodie Marceau est spécialisée dans les scènes artistiques contemporaines d’Afrique de l’Ouest et de la diaspora. Elle s’intéresse particulièrement aux artistes, aux collections et aux initiatives culturelles mises en lumière par Galerie Noir d’Ivoire, entre Abidjan, Paris et les réseaux internationaux.

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